|
Traitement du lymphome non hodgkinien indolent
Environ 4 lymphomes non hodgkiniens sur 10 sont indolents, pour la plupart folliculaires, bien qu’il existe encore beaucoup d’autres types de LNH indolents. Les options thérapeutiques pour le lymphome non hodgkinien indolent dépendent en grande partie du stade de la maladie et de l’existence de symptômes.
Lymphome non hodgkinien indolent au stade précoce
Les lymphomes non hodgkiniens indolents évoluent lentement et provoquent rarement des symptômes avant un stade assez avancé. C’est la raison pour laquelle peu de lymphomes non hodgkiniens indolents sont diagnostiqués au stade I ou II.
La radiothérapie est le traitement de choix des lymphomes non hodgkiniens indolents au stade précoce. Elle consiste à irradier les ganglions lymphatiques touchés. Près de 50% des malades parviennent ainsi à la guérison. L’autre moitié des patients connaît une récidive à un moment ou un autre, habituellement dans d’autres ganglions lymphatiques. Le traitement est alors généralement le même que lorsque la maladie est avancée (stade III ou IV).
Lymphome non hodgkinien indolent au stade avancé asymptomatique
Environ 4 lymphomes non hodgkiniens sur 10 sont diagnostiqués comme étant indolents, et la plupart sont de type folliculaire. Les lymphomes non hodgkiniens indolents sont généralement découverts alors que la maladie est déjà avancée (stade III ou IV).
Souvent, les patients avec LNH au stade avancé qui ne présentent pas de symptômes (asymptomatiques) ne requièrent pas de traitement urgent; ils doivent simplement passer des visites de surveillance régulières. On appelle cette stratégie de prise en charge «abstention surveillée».
Des études cliniques ont montré que, lorsque l’abstention surveillée est indiquée, le pronostic est comparable à celui des patients débutant le traitement aussitôt après le diagnostic. Encore faut-il évaluer l’anxiété et le stress que cette démarche peut susciter par rapport aux effets secondaires potentiels d’un traitement immédiat. Le médecin peut recommander d’attendre jusqu’à ce que le traitement s’impose afin de réduire l’impact du LNH sur la vie du patient. Des recherches sur les avantages et les risques de l’abstention surveillée sont en cours.
Lorsqu’un traitement s’impose, le médecin opte généralement pour une chimiothérapie. Il peut s’agir d’une monochimiothérapie, qui ne fait intervenir qu’un seul médicament, habituellement le chlorambucil. Certaines chimiothérapies utilisent la fludarabine, qui est administrée soit sous forme de comprimés, soit en injection intraveineuse, seule ou en association avec d’autres préparations.
Les polychimiothérapies, combinant plusieurs médicaments, sont toutefois fréquentes, par exemple les protocoles CVP, CHOP et FCM. (Pour plus d’informations, voir Chimiothérapie .) Les associations d’agents chimiothérapiques, comme le protocole CVP pour le LNH indolent, sont souvent administrées avec du rituximab. Cet anticorps monoclonal rend le traitement plus efficace sans entraîner d’augmentation significative des effets secondaires.
Lymphome non hodgkinien indolent au stade avancé avec symptômes
Les patients qui présentent un LNH indolent au stade avancé (stade III ou IV) avec des symptômes lors du diagnostic reçoivent généralement une chimiothérapie en premier lieu, avec ou sans traitement par anticorps monoclonal concomitant. On utilise, en l’occurrence, divers protocoles de chimiothérapie (CVP, CHOP, etc.), dont la plupart associent plusieurs agents chimiothérapiques et des anticorps monoclonaux.
Si les symptômes sont de forte intensité, un corticoïde, tel que la prednisolone, peut éventuellement être prescrit pour favoriser leur disparition rapide. Ce traitement peut se révéler très efficace à court terme mais n’est pas indiqué au long cours Cependant, la plupart des schémas chimiothérapiques d’association comprennent des corticoïdes (CVP, CHOP).
La radiothérapie est parfois indiquée – en association avec d’autres traitements, comme la chimiothérapie et les anticorps monoclonaux – pour venir à bout des fortes masses tumorales. Dans ce cas, seules les zones concernées sont irradiées.
Parmi les autres démarches thérapeutiques, figure la chimiothérapie à haute dose suivie d’une greffe de cellules souches.
Près de 75% des patients avec lymphome non hodgkinien indolent au stade avancé présentant des symptômes connaissent une rémission après le premier traitement. Cette période sans maladie dure généralement entre 1½ et 4 ans. Ensuite, il est fréquent qu’ils soient confrontés à une récidive. Une nouvelle thérapie est alors nécessaire, avec des intervalles entre les cycles thérapeutiques raccourcis. La durée de survie est habituellement de 7 à 10 ans. Ces chiffres dépendent toutefois énormément de l’âge et de l’état de santé général du patient.
Autres types de lymphomes non hodgkiniens
Le lymphome non hodgkinien du MALT touche certains organes, notamment les glandes salivaires, la thyroïde, les poumons et l’estomac. Le lymphome gastrique de type MALT est associé à l’infection par la bactérie Helicobacter pylori..
Les antibiotiques qui tuent les bactéries sont susceptibles de permettre la guérison de la maladie à un stade précoce. Certaines personnes ont toutefois besoin d’une chimiothérapie. Les lymphomes non hodgkiniens gastriques de type MALT qui ne sont pas curables par cette méthode et les lymphomes du MALT affectant d’autres organes sont traités de la même manière que le lymphome non hodgkinien indolent.
Le lymphome lymphocytaire (à petits lymphocytes), qui est très similaire à la leucémie lymphoïde chronique, est une forme indolente de lymphome non hodgkinien. Il se caractérise par la surproduction de cellules B anormales, qui ont une durée de vie nettement plus longue que la normale. Bien que la maladie réponde à la chimiothérapie, il est fréquent que les patients aient des périodes de rémission suivies d’une récidive.
Tableau: Schéma thérapeutique pour les différents stades et formes de la maladie
Précoce
(Stades I and II) |
Radiothérapie sur ganglions lymphatiques ou organes infectés. Occasionnellement, de la chimiothérapie. |
Souvent, une compléte possible |
Avancé
(Stades III and IV)
sans symptômes |
Chimiothérapie et/ou anticorps monoclonal. Occasionnellement, de la radiothérapie. |
Rémission compléte ou partielle pour la majorité des patients; rechute éventuelle dans la plupart des cas. |
Avancé
(Stades III and IV)
avec symptômes |
Chimiothérapie et/ou anticorps monoclonal; la radiothérapie peut être utilisée dans certains cas |
|